C’est ce type de scène qui m’a fait rester sur cette île.
La llaüt, c’est l’embarcation traditionnelle des Baléares. Avec sa coque basse, son bois verni, sa toile tendue comme un abri improvisé contre le soleil. Elle n’est pas faite pour aller vite. Elle est faite pour être là, exactement là, dans cette petite sœur secrète de Cala Macarella que l’on découvre à pied ou par la mer.

Pas seulement la beauté des criques tout le monde en parle. Mais cette façon qu’a Minorque de mettre les choses à leur juste place. La lumière de l’après-midi qui dore tout sans forcer.
C’est peut-être ça, Menorca. Une île qui apprend à regarder. Qui oblige à lever les yeux, à poser les valises, à profiter du moment si précieux.
Et ces moments-là, je les trouve partout ici. Dans les calas sauvages du sud, dans la lumière rasante du soir sur les chemins de terre rouge, chez les enfants qui jouent entre eux dans les petites ruelles aux maisons blanchies à la chaux, dans un couple qui s’attarde sans raison.
Je les cherche. Je les attends. Je les photographie.
Minorque n’a qu’un seul conseil à donner : levez les yeux.
Manon
